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Si le syndrome de glissement ne frappe pas aussi brusquement qu’un accident vasculaire cérébral, la rapidité avec laquelle l’entourage sollicite le médecin fait toute la différence. Une personne âgée autonome peut, en l’espace de quelques semaines, devenir totalement dépendante et s’abandonner à la mort.
Si je me permets d’insister sur ce sujet, c’est parce que plusieurs lecteurs ont déjà partagé avec moi le parcours de proches, dont les histoires font écho à ce syndrome. Pourtant, faute d’information, beaucoup hésitent à consulter, pensant qu’il ne s’agit que d’une faiblesse passagère.
Repérer rapidement un syndrome de glissement ne sauve pas seulement des vies, cela redonne aussi une chance de retrouver l’autonomie d’avant.
Pour éviter que ce fléau n’emporte trop de nos aînés, je me propose d’apporter des réponses précises aux interrogations les plus fréquentes :
- Qu’est-ce que le syndrome de glissement ?
- Qui peut être touché par ce syndrome ?
- Quels sont les signes avant-coureurs d’un syndrome de glissement ?
- Quelles conséquences entraîne-t-il ?
- Comment prendre en charge une personne âgée confrontée à ce trouble ?
Qu’est-ce que le syndrome de glissement ?
Le syndrome de glissement désigne une modification profonde du comportement chez une personne âgée, associée à une perte soudaine d’autonomie.
Celui ou celle qui, hier encore, était plutôt indépendant.e, n’a plus goût à rien. La toilette, les repas, même se lever, tout devient pénible ou sans intérêt. Et l’angoisse prend le relais, souvent avec la peur de rester seul.
Physiquement, la personne pourrait encore se lever ou se rendre aux toilettes, mais le déclic psychologique n’est plus là. Progressivement, la dépendance s’installe à tous les niveaux.
À force de ne plus bouger, de mal s’alimenter, de négliger les soins, la perte d’autonomie se creuse. Les muscles fondent, les infections se multiplient… et, parfois, la mort survient.
C’est un engrenage redoutable.
Qui peut être touché par le syndrome de glissement ?
Ce syndrome concerne principalement les personnes âgées.
Le plus souvent, il se déclenche chez des seniors ayant subi un choc récent.
La nature du choc varie d’une personne à l’autre, mais certaines circonstances reviennent fréquemment :
- Après une ou plusieurs chutes. Plus la chute a été traumatisante (blessures, temps passé au sol, peur), plus le risque est élevé. Mais même sans fracture, la simple prise de conscience du danger peut suffire à bloquer la marche et à amorcer le syndrome.
- Après une hospitalisation, un séjour en EHPAD ou tout changement de lieu de vie.
- Après une maladie vécue comme éprouvante.
La vigilance s’impose après chaque convalescence ou chute. Même si tout semble aller bien après le rétablissement, le syndrome de glissement peut s’installer à distance du choc initial.
D’autres événements doivent aussi inciter à surveiller l’état psychique et physique d’un proche âgé :
- La perte d’un être cher.
- L’éloignement d’un membre de la famille, parfois ressenti comme un abandon.
- L’arrêt brutal d’une activité pratiquée de longue date.
Quels sont les signes d’un syndrome de glissement ?
Le syndrome de glissement évoque souvent une forme de dépression aiguë et brutale. D’ailleurs, certains pays le classent comme une dépression spécifique du grand âge, avec une évolution particulièrement grave.
La personne ne s’intéresse plus à rien, laisse tomber les loisirs, mais aussi les gestes essentiels. Elle maigrit, s’affaiblit, devient parfois incontinente. Elle semble attendre que le temps passe, sans perspective.
L’anxiété s’ajoute à la liste : l’idée de rester seule devient insupportable, la peur de tomber ou d’être malade s’installe. Ironie cruelle, ces craintes augmentent le risque de chute ou de décompensation.
Plusieurs symptômes apparaissent généralement dans le mois qui suit le choc :
- Désintérêt généralisé, parfois jusqu’à la clinophilie (rester au lit ou assis, sans vouloir bouger).
- Perte d’appétit, désinvestissement total pour la nourriture, voire rejet ou vomissement des repas.
- Fatigue intense.
- Déshydratation, faute d’envie ou d’effort pour boire. Elle favorise les infections urinaires ou rénales, et peut provoquer des épisodes de confusion.
- Incontinence.
- Troubles cognitifs consécutifs à la dénutrition, la déshydratation, la fatigue et la détresse psychique.
- Opposition aux soins, parfois avec des réactions d’agressivité.
- Retrait progressif, jusqu’à l’arrêt de toute communication.
Quelles sont les conséquences d’un syndrome de glissement ?
Dans 85 % des cas, le syndrome de glissement se termine par un décès.
Le risque de mourir d’une complication est massif. Les infections prolifèrent : manque d’hygiène, incontinence, dénutrition, épuisement de l’organisme… La spirale s’accélère.
Ce taux dramatique s’explique aussi par le retard de diagnostic. Les professionnels de santé tardent parfois à réagir, ou l’entourage hésite à donner l’alerte. La personne concernée, quant à elle, ne demande rien, refuse parfois même les soins. Ce syndrome s’apparente alors à une forme de renoncement, presque un suicide inconscient.
Quand la mort n’est pas au bout du tunnel, la dépendance peut persister. Un aîné déjà fragile ne retrouvera pas toujours ses capacités après une phase d’alitement prolongée. La fonte musculaire complique les gestes du quotidien, la douleur s’invite, et la rechute guette. Parfois, c’est une dépression qui s’installe, distincte du syndrome initial.
Mais, pris à temps, ce syndrome peut devenir un mauvais souvenir. L’entourage garde alors en tête la nécessité d’une vigilance particulière après chaque choc ou bouleversement.
Comment prendre en charge une personne âgée atteinte d’un syndrome de glissement ?
Pourquoi tant de retard avant d’appeler un professionnel ?
La première étape, c’est d’alerter rapidement ! Pourtant, la réalité est souvent bien différente.
Les aidants qui ne voient pas leur proche régulièrement passent facilement à côté d’une aggravation rapide.
Et quand le malaise est repéré, il n’est pas rare que l’on attende avant de prévenir : on met ce changement sur le compte d’un virus, d’une fatigue, d’une fragilité passagère. L’aîné est fréquemment malade, on hésite à solliciter le médecin. On préfère parfois patienter, voir si la situation se stabilise. Mais ce délai, ajouté à la difficulté d’obtenir un rendez-vous, laisse le temps au syndrome de s’installer.
Si vous constatez un changement profond et brutal de comportement chez votre proche âgé, peu après un choc, et que la situation se détériore rapidement… contactez sans attendre le médecin traitant. Pas disponible ? Appelez le service de permanence médicale ou les secours. Au pire, vous aurez eu une inquiétude injustifiée. Mais mieux vaut alerter pour rien que de s’en vouloir plus tard. Personne ne vous reprochera d’avoir agi par précaution face à une dégradation rapide et inquiétante.
Quel accompagnement pour sortir du syndrome de glissement ?
Dans la majorité des cas, l’hospitalisation s’impose.
Souvent, l’état général est déjà très altéré lorsque les soins commencent. Il faut alors une surveillance continue. La famille, désemparée face à ce proche qui ne ressemble plus à lui-même, se retrouve déconcertée à la maison. Comment aider une personne qui refuse tout ? Comment faire manger quelqu’un qui vomit ses repas, ou les rejette d’emblée ?
L’hospitalisation permet de confirmer le diagnostic, d’effectuer tous les bilans nécessaires et de prendre en charge les urgences.
Les premiers gestes sont prioritaires :
- Réhydrater et réalimenter, parfois par perfusion selon la gravité.
- Soigner toutes les infections en cours.
- Prendre en charge les troubles urinaires ou digestifs (pose de sonde, lavements… selon les situations).
- Prévenir et traiter les escarres, qui apparaissent vite en cas de dénutrition ou d’alitement prolongé.
- Stabiliser les autres maladies chroniques pour lesquelles les traitements ont pu être interrompus.
Mais pour espérer une récupération complète, il faut aussi :
- Mettre en place une rééducation physique, surtout si la personne souffre de troubles cardiaques. L’inactivité et la dénutrition font fondre les muscles : retrouver la station debout, porter un objet, se pencher, tout cela devient laborieux.
- Accorder une attention particulière à la reconstruction psychologique. La dépression est au cœur du syndrome, toujours déclenchée par un choc. Un suivi psychologique s’impose pour accompagner la personne vers un nouveau départ.
Le syndrome de glissement n’épargne ni le corps ni l’esprit, mais il n’est pas une fatalité. Rester attentif, agir vite, oser demander de l’aide : ce sont là les vrais leviers pour éviter que la pente ne devienne un gouffre.

