On ne la trouve pas au détour d’un sentier boisé, ni dans un jardin domestique. L’harpagophytum, surnommée « la griffe du diable », pousse là où peu de plantes s’aventurent, mais ses racines font aujourd’hui grand bruit dans le domaine du bien-être. Plébiscitée pour ses propriétés naturelles, elle soulage des douleurs qui empoisonnent le quotidien. Voici ce que révèle l’expérience et la recherche sur ce végétal longtemps méconnu.
Lutter contre les douleurs articulaires
L’harpagophytum s’est taillé une place de choix parmi les remèdes naturels destinés à calmer les inflammations, en particulier celles provoquées par l’arthrose. On doit ses effets à l’harpagoside, un composé actif réputé pour ses vertus contre la douleur et l’inflammation. En France, une étude menée en 2001 a opposé un médicament à base d’harpagophytum à la diacerhéine auprès de 122 patients souffrant d’arthrose du genou. Verdict : les résultats se sont avérés plus convaincants pour le traitement contenant la plante que pour son concurrent.
En 2007, une nouvelle étude a prolongé l’observation sur huit semaines, cette fois auprès de patients affectés par diverses formes de rhumatisme. Les douleurs articulaires, qu’il s’agisse des mains, poignets, coudes, épaules, hanches, genoux ou dos, ont diminué de manière significative. Pour beaucoup, la vie de tous les jours s’est allégée, au point que certains ont pu réduire, voire arrêter, leur médication habituelle.
Soulage les douleurs lombaires
Les lombalgies chroniques n’épargnent guère personne, et l’harpagophytum a aussi été testé sur ce terrain. Une étude impliquant environ 250 patients a consisté à leur administrer de la doloteffine, un extrait riche en harpagoside. Les conclusions sont claires : cette solution a montré une efficacité marquée pour apaiser les douleurs arthrosiques et lombaires.
L’année suivante, en Allemagne, des chercheurs ont comparé la doloteffine à un anti-inflammatoire non-stéroïdien bien connu, le Vioxx. Les deux traitements se sont hissés au même niveau d’efficacité, offrant une alternative crédible pour ceux qui cherchent à soulager leurs douleurs sans recourir systématiquement aux médicaments conventionnels.
Pour les troubles intestinaux et l’absence d’appétit
Son goût prononcé, presque mordant, n’est pas là pour décorer. La griffe du diable stimule l’appétit et favorise la production des sucs digestifs, deux leviers précieux pour soutenir une digestion efficace. L’ESCOP reconnaît l’intérêt de cette plante pour combattre la perte d’appétit et faciliter le transit.
Cette efficacité ne date pas d’hier : des essais menés dans les années 1970 sur trois ans ont mis en lumière l’effet bénéfique de l’harpagophytum, sous forme de décoction, contre les troubles intestinaux. La plante intervient sur différents fronts : constipation, diarrhée, flatulences liées à l’aérophagie ou à la dyspepsie. Des maux gênants, souvent délaissés, trouvent ici un appui naturel.
À propos des contre-indications
Avant de se lancer, quelques précautions s’imposent. L’harpagophytum exerce un effet anti-hypertenseur. Il faut donc éviter de l’associer à d’autres plantes ayant la même propriété. Mélanger cette plante avec des anti-inflammatoires classiques n’est pas recommandé non plus : le risque d’effets indésirables s’accroît.
Pour les femmes enceintes ou allaitantes, la prudence reste de mise, car il n’existe aucune preuve solide quant à l’innocuité de la plante dans ces situations. Mieux vaut s’en tenir à un usage ponctuel et surveillé. À noter aussi que la griffe du diable peut entraîner des troubles digestifs passagers. Les personnes sujettes aux ulcères gastriques ou duodénaux devraient s’en éloigner.
L’harpagophytum n’a rien d’un remède miracle, mais sa réputation s’est construite sur l’expérience et l’observation rigoureuse. Entre soulagement des douleurs et soutien digestif, elle s’impose comme une alliée précieuse pour ceux qui cherchent à retrouver un certain confort au quotidien. La science continue d’explorer ses promesses ; la nature, elle, ne cesse de surprendre.

