Formations et diplômes requis pour travailler en pouponnière

Aimer s’entourer de jeunes enfants ne se limite pas à apprécier l’ambiance d’une crèche ou à multiplier les baby-sittings. Si l’idée de consacrer vos journées à soutenir l’éveil, le développement et la curiosité des tout-petits vous parle, alors il est temps de regarder de près les chemins possibles pour transformer cette vocation en métier. Depuis janvier 2020, les règles du jeu ont changé : les diplômes et certificats requis ne dépendent plus du type d’établissement, mais du poste visé. Cette réforme façonne un paysage professionnel où la mobilité s’accroît pour qui veut exercer en crèche publique, privée, ou même à domicile. Décryptage du terrain de jeu pour celles et ceux qui veulent travailler auprès des tout-petits.

Personnel des services de garde

Le personnel de garde d’enfants, qu’on appelait autrefois gardiens ou aides à l’enfance, assure l’accueil, la surveillance et le quotidien des enfants : bain, changes, organisation des repas, sans oublier le rôle éducatif fondamental et l’accompagnement vers l’autonomie. Ces professionnels interviennent dans de nombreux contextes, rendant leur métier aussi varié que les publics rencontrés.

Voici les environnements où ils peuvent exercer :

  • Garderies collectives : crèches, structures parentales, maisons d’accueil communautaires, foyers pour l’enfance ou d’accueil
  • Centres spécialisés pour enfants à besoins particuliers : crèches adaptées, institutions pour enfants en situation de handicap
  • Milieu hospitalier : maternité, pédiatrie, néonatologie
  • Soutien aux enseignants de maternelle ou du cycle fondamental (le terme « assistant de jardin d’enfants » correspond au même métier en Belgique)
  • Structures de soins périscolaires, parfois à domicile : retour de maternité, naissances multiples, enfants malades…

L’option garde d’enfants en 5e, 6e et 7e secondaire (formation professionnelle)

L’option garde d’enfants se déroule dès la 5e jusqu’à la 7e professionnelle en secondaire. À l’issue de la 7e, l’élève obtient, si tout est validé, un certificat de qualification et le CESS. Avant la réforme de 2020, seule cette filière ouvrait réellement les portes des crèches en priorité, le diplôme étant « obligatoire » pour la majorité du personnel. À l’époque, la moitié au moins des professionnels de la garde devait justifier de ce certificat. Depuis 2020, cette règle s’efface : tous les certificats de qualification reconnus, quelle que soit la filière, sont désormais équivalents.

Attention : depuis le changement de réglementation, il ne suffit plus d’avoir le certificat de qualification pour être engagé comme personnel de garde après le secondaire. Le CESS est également requis.

Formation accueillant(e) d’enfants chez VET/IFAPME

L’accueillant(e) d’enfants, souvent autonome, reçoit les 0-6 ans dans un cadre familial ou privé, généralement à domicile, en respectant des normes d’hygiène et de sécurité imposées par la loi et l’ONE. L’activité peut prendre plusieurs formes, chacune avec ses exigences.

Voici les principales modalités :

  • En tant qu’indépendant, l’accueillant(e) gère la totalité de son activité, de l’organisation du quotidien à la gestion administrative. Il ou elle doit posséder les bases de gestion et avoir suivi une formation reconnue par la Fédération Wallonie-Bruxelles, ainsi qu’obtenir l’agrément de l’ONE. Plus de détails sont disponibles dans le document officiel « Devenir autonome ».
  • Depuis 2013, il est aussi possible de devenir accueillant(e) avec un contrat SAEC (Service d’Accueillants d’Enfants Conventionnés), qui garantit protection sociale (pension, indemnités, allocations, etc.) tout en conservant une autonomie dans l’organisation pratique de l’accueil. Ce statut hybride n’est pas celui d’un salarié classique, mais offre une couverture sociale complète. Là encore, la formation agréée reste obligatoire. Pour en savoir plus, le site de l’ONE et la page « Accueillir les enfants avec accord » expliquent les démarches.

Grâce à la réforme de 2020, le certificat « travailleur de la garde d’enfants » obtenu via VET/IFAPME permet d’accéder à tous les milieux d’accueil, au même titre que le certificat délivré par la filière professionnelle, le diplôme d’éducateur, de responsable d’éducation ou d’auxiliaire de l’enfance. À noter, le diplôme d’entrepreneuriat « directeur du foyer d’enfants » (désormais supprimé mais toujours reconnu) donne également accès à ces emplois. Dans tous les cas, le CESS s’impose pour valider le parcours.

Pour ceux qui souhaitent se former, voici où trouver ces cursus :

  • Accueillant(e) d’enfants à l’EFP
  • Accueillant(e) d’enfants à l’IFAPME

Formation d’auxiliaire de l’enfance en promotion sociale

La formation d’auxiliaire de l’enfance via la promotion sociale s’adapte aux contraintes de chacun, avec une durée de un à trois ans selon les établissements. Elle s’adresse à ceux qui recherchent des horaires flexibles ou progressifs. Ce certificat, à condition d’être accompagné du CESS, ouvre les portes à un emploi en structure collective non subventionnée (garderies, refuges, etc.) comme à des fonctions en milieux collectifs subventionnés (crèches, prégardiens, structures communales ou parentales). Ce diplôme rend aussi possible le statut d’accueillant(e) autonome ou conventionné(e).

Depuis la réforme de 2020, les titulaires de ce certificat disposent du « titre requis » pour travailler en garderie, au même titre que les diplômés de l’option garde d’enfants du secondaire. Avant cela, ces derniers étaient systématiquement privilégiés.

L’option « Agent(e) d’éducation » en 5e et 6e secondaire (techniques de qualification)

Le décret de janvier 2020 introduit une nouveauté : les sortants du secondaire avec le certificat de qualification « agent de l’éducation » peuvent désormais intégrer les équipes d’accueil du jeune enfant. Mais là aussi, le CESS reste indispensable.

L’option « agent de l’éducation » forme à l’accompagnement de différents publics, enfants, adolescents, adultes en situation de handicap, malades, personnes en précarité, selon un projet éducatif précis. Les contenus abordent l’éthique, la psychopédagogie, l’éducation à la santé, et bien plus encore, pour développer des compétences adaptées à chaque contexte.

Formation d’éducateur en promotion sociale

Autre passerelle ouverte par la réforme : la formation d’éducateur de promotion sociale (niveau secondaire) permet également d’accéder aux métiers de l’accueil du jeune enfant, à condition de détenir le CESS. Ce certificat donne aussi accès à la formation « Supplément CESS ». Le contenu des différents cursus est en cours d’harmonisation, notamment pour garantir une spécialisation adaptée à la petite enfance.

Devenir directeur d’une structure d’accueil

Depuis le 1er janvier 2020, les règles changent radicalement pour ouvrir sa propre crèche ou micro-crèche. Les anciennes voies, comme la formation « Directeur du foyer d’enfants » à l’EFP/IFAPME ou la combinaison d’un QC en garderie avec une formation spécifique de 50 heures, ne sont plus possibles. Désormais, il faut impérativement un baccalauréat (enseignement supérieur), quelle que soit la taille ou la nature de la structure.

Pour les établissements de 14 places, sont reconnus comme qualifications pour le personnel de direction :

Enseignement supérieur de type court :

  • Baccalauréat en psychologie, y compris le baccalauréat d’assistant en psychologie
  • Baccalauréat assistant social
  • Baccalauréat en soins infirmiers (y compris les spécialisations en santé communautaire ou en soins généraux)

Enseignement supérieur de type long :

  • Master en sciences psychologiques et/ou en sciences de l’éducation
  • Master en ingénierie et action sociale
  • Master en sciences de la santé publique

Pour les autres structures, un diplôme supérieur (court ou long) à orientation psycho-médico-sociale est également exigé. Sont par exemple acceptés : bachelor en psychomotricité, diplôme d’éducateur spécialisé, enseignant préscolaire, médecin, sage-femme…

Un certificat complémentaire est en préparation, composé de quatre modules (santé, social, psychopédagogie, gestion), avec certaines dispenses selon le parcours antérieur. À ce jour, il n’est pas encore officiellement lancé.

Pour toutes les démarches et conditions précises liées à l’ouverture d’une structure, l’ONE a publié une brochure détaillée : l’ouverture d’un milieu accueillant.

Et ceux qui exercent déjà ?

Personne ne sera mis de côté du jour au lendemain. Les professionnels déjà en poste qui ne disposent pas des nouveaux diplômes ou certificats exigés pourront continuer leur activité sans limite de temps et bénéficieront du même statut que les nouveaux diplômés. Chaque structure devra fournir une liste des effectifs concernés à l’ONE, qui adressera alors à ces personnes un « passeport » leur permettant d’être reconnus au même titre que leurs collègues certifiés.

Et pour les actuels étudiants ?

Les personnes actuellement en formation et qui n’auront pas obtenu leur CESS au 1er janvier 2020 pourront, comme celles qui ont terminé leur formation avant la réforme, travailler dans le secteur de la petite enfance.

Le secteur de la petite enfance n’a jamais été aussi ouvert, ni aussi exigeant. Derrière chaque diplôme, chaque certificat ou cursus, c’est la promesse d’un accueil de qualité, où chaque professionnel trouve sa place et peut évoluer, quelle que soit la structure choisie. À chacun de tracer sa route, au rythme des enfants qui bousculent les certitudes et invitent à réinventer chaque jour le métier.

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