Les virus circulent d’un individu à l’autre par contact direct, mais aussi par l’intermédiaire de surfaces partagées : billets de banque, poignées de porte, écrans tactiles, boutons d’ascenseur. Limiter la transmission du virus sur ces supports impose de choisir une technologie dont le mécanisme d’action, la durabilité et le profil de sécurité répondent aux contraintes d’usage réel. Trois approches dominent le marché : les désinfectants chimiques classiques, l’irradiation UV-C et les revêtements antimicrobiens persistants.

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Revêtement antimicrobien persistant : le principe actif derrière la technologie Bioguard
La technologie Bioguard protected repose sur un revêtement appliqué directement sur le support à protéger. Le principe actif utilisé est le pyrithione de zinc, un composé employé depuis longtemps comme agent antimicrobien en médecine et en cosmétique.
Son mode d’action cible le processus vital des micro-organismes : il perturbe leur métabolisme cellulaire, neutralisant leur pouvoir infectieux avant qu’un contact humain ne se produise. Appliquée en surface, la solution crée une barrière invisible qui empêche virus et bactéries de rester actifs sur l’objet traité.
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Nous observons un avantage structurel par rapport aux désinfectants liquides : la protection persiste tant que le support reste intact, sans nécessiter de réapplication régulière. Développée à l’origine par Oberthur Fiduciaire pour les billets de banque, cette technologie a été étendue à d’autres objets du quotidien manipulés fréquemment.
La solution est certifiée ISO 10993 et a été validée par Biomatech aux États-Unis, ce qui confirme sa biocompatibilité. Elle peut être intégrée à des billets déjà en circulation sans altérer leur lisibilité, leur aspect visuel ni leur fonctionnalité dans les automates.
Désinfectants chimiques et UV-C : limites opérationnelles face à la transmission virale
Les désinfectants chimiques restent la réponse réflexe dans la plupart des espaces publics. Leur efficacité est réelle, mais temporaire. Dès que le produit s’évapore ou qu’il est essuyé, la surface redevient vulnérable à une nouvelle contamination. Dans un lieu à fort trafic (hôpital, aéroport, centre commercial), la fréquence de réapplication nécessaire rend cette approche coûteuse et difficile à maintenir.
Plusieurs contraintes techniques s’ajoutent :
- Le dosage et le temps d’exposition doivent être strictement contrôlés pour éviter la toxicité résiduelle ou le développement de résistances bactériennes.
- Certains supports (papier, textiles, écrans) tolèrent mal les formulations chimiques agressives, ce qui limite le spectre d’application.
- La traçabilité de la désinfection est quasi impossible sur des objets qui circulent entre des centaines de mains par jour.
L’irradiation UV-C constitue une alternative intéressante sur le plan virucide. Les rayons UV-C pénètrent la membrane cellulaire des micro-organismes et interrompent leur réplication. Cette méthode a montré son efficacité contre des coronavirus proches du SARS-CoV-2.

Sa mise en œuvre pose néanmoins des problèmes concrets. L’exposition directe aux UV-C présente un risque pour la peau et les yeux. Les dispositifs doivent donc fonctionner en l’absence de personnes ou dans des enceintes fermées. Sur des objets en circulation permanente (billets, cartes, badges), l’irradiation UV-C n’offre aucune protection résiduelle une fois l’objet remis en service.
Critères de choix d’une technologie antitransmission virale
Nous recommandons d’évaluer chaque technologie selon quatre critères opérationnels plutôt que sur la seule efficacité virucide en laboratoire :
- Durabilité de la protection : un revêtement persistant surpasse une désinfection ponctuelle dans tout contexte où l’objet passe de main en main sans contrôle.
- Compatibilité avec le support : le traitement ne doit pas dégrader les propriétés mécaniques, optiques ou fonctionnelles de l’objet (lecture machine des billets, sensibilité des écrans tactiles).
- Sécurité pour l’utilisateur final : la biocompatibilité du principe actif conditionne l’acceptabilité du produit en contact cutané prolongé.
- Facilité de déploiement industriel : une solution applicable sur des lignes de production existantes ou sur des objets déjà en circulation réduit drastiquement le coût et le délai de mise en œuvre.
Sur ces quatre axes, le revêtement antimicrobien persistant type Bioguard se positionne favorablement. Les désinfectants chimiques excellent en réactivité (nettoyage immédiat d’une surface contaminée identifiée), mais échouent sur la durabilité. Les UV-C offrent une puissance virucide élevée, adaptée à la stérilisation de matériel médical ou de zones confinées, mais ne protègent pas les objets une fois remis en circulation.
Combiner les technologies pour couvrir l’ensemble de la chaîne de transmission
Aucune technologie unique ne couvre la totalité des vecteurs de transmission virale. Un protocole cohérent dans un espace public à fort trafic associe généralement plusieurs couches de protection.

Les surfaces fixes à contact fréquent (poignées, rampes, bornes) bénéficient d’un revêtement persistant. Les zones à risque biologique élevé (blocs opératoires, laboratoires) justifient l’irradiation UV-C en complément du nettoyage chimique. Les objets en circulation massive (billets, tickets, badges) représentent le cas d’usage où un traitement antimicrobien intégré au support offre le meilleur rapport protection/contrainte, puisqu’il élimine le besoin d’intervention humaine répétée.
Le cadre réglementaire autour de ces technologies reste à structurer. Une normalisation internationale sur les performances attendues, les méthodes de test et les seuils d’efficacité permettrait aux gestionnaires d’espaces publics de comparer objectivement les solutions disponibles. La certification ISO 10993 obtenue par Bioguard constitue un premier jalon, mais elle porte sur la biocompatibilité, pas sur l’efficacité virucide en conditions réelles d’usage.
Le choix technologique dépend donc du type de support, du flux d’utilisateurs et du niveau de contrôle opérationnel disponible. Pour les objets qui échappent à toute procédure de désinfection une fois mis en circulation, le revêtement antimicrobien persistant reste la seule option qui fonctionne sans intervention humaine.

