Table des matières
- Qu’est-ce que le patereccio (ou giradito)
- Différents types de patereccio
- Origines du giradito : causes fréquentes
- Patereccio : durée de l’infection
- Facteurs de risque
- Symptômes typiques du patereccio
- Diagnostic et traitements du patereccio
- Complications potentielles
- Prévenir le patereccio
Le patereccio, que beaucoup connaissent sous le nom de giradito, s’attaque généralement aux extrémités des doigts ou des orteils. D’origine bactérienne, fongique ou virale, il se révèle par une rougeur, un gonflement, une chaleur locale et une douleur marquée. Cette douleur, souvent lancinante, s’accompagne d’une zone gonflée et chaude au toucher. Les ongles incarnés ou un contact prolongé avec des produits irritants comme les détergents peuvent aussi ouvrir la porte à l’infection. Le recours à des traitements médicamenteux s’impose le plus souvent. Aucun âge ni genre n’est épargné : le giradito peut toucher tout le monde.
Qu’est-ce que le patereccio (ou giradito)
Patereccio, c’est le terme médical, mais dans la vie de tous les jours, on parle surtout de giradito.
Il s’agit d’une inflammation particulièrement douloureuse qui cible les parties molles des doigts, principalement au niveau des phalanges terminales des mains ou des pieds. Les mains restent la cible favorite de cette affection. Bien souvent, elle se manifeste autour de l’ongle, avec une douleur parfois moindre, mais il arrive aussi que le bout du doigt soit concerné. Même si le trouble peut paraître bénin, mieux vaut ne pas le prendre à la légère pour éviter tout dégât sur les structures plus profondes comme les os, les tendons ou les articulations. L’origine ? Une infection bactérienne, fongique ou virale. Le giradito est-il contagieux ? Oui, car les germes présents dans la plaie, bactéries, virus ou champignons, se transmettent par contact.
Différents types de patereccio
Patereccio superficiel ou cutané
Ce type attaque la surface de la peau et, dans les cas sévères, provoque une vésicule contenant un liquide clair ou purulent. Il touche souvent une ou plusieurs phalanges d’un doigt, qui cicatrisent la plupart du temps rapidement. Il apparaît souvent autour de l’ongle (d’où son surnom de giradito), mais il peut aussi se localiser près de l’ongle, on parle alors de paronychie.
Giradito sous-cutané, sous-unguéal ou périunguéal
Ici, l’infection gagne les tissus sous l’ongle (sous-unguéal) ou autour (périunguéal), jusqu’à atteindre la matrice de l’ongle.
Patereccio profond
Dans ce cas, l’infection descend en profondeur, atteignant parfois l’os ou les articulations. Sans traitement, ce tableau peut déboucher sur des séquelles lourdes pour la fonction de la main ou du pied.
Patereccio herpétique
Cette forme résulte de l’infection par le virus de l’herpès simplex et s’accompagne de douleurs aiguës et de vésicules qui n’apparaissent qu’après 2 à 3 jours de douleur initiale. Ce même virus provoque l’herpès labial ou génital, qui reste un facteur de risque principal pour ce type d’infection.
Origines du giradito : causes fréquentes
Le plus souvent, ce sont les staphylocoques et streptocoques qui sont à l’œuvre. D’autres fois, les responsables sont des champignons comme candida albicans ou encore le virus de l’herpès simplex. L’entrée des agents pathogènes se fait par de petites fissures de la peau, lesquelles, une fois franchies, déclenchent la réaction de défense de l’organisme.
Les symptômes suivent le schéma classique de l’inflammation : rougeur, gonflement, chaleur et douleur.
Bien qu’il ne s’agisse pas d’une affection grave, il ne faut pas ignorer ce problème car l’infection peut atteindre les couches profondes du doigt et provoquer des complications sérieuses.
Patereccio : durée de l’infection
La durée varie en fonction du germe impliqué, de la rapidité de la prise en charge et de l’efficacité du traitement. Voici quelques repères :
- Bactéries (staphylocoques) : quelques jours si le traitement est adapté
- Virus de l’herpès : généralement entre 15 et 20 jours
- Champignons (candida) : de 3 à 6 mois
Facteurs de risque
Certains comportements ou situations exposent davantage au patereccio :
- Se ronger les ongles ou arracher la peau autour de l’ongle (onychophagie)
- Pratiquer une manucure agressive, notamment en coupant la peau autour des ongles ou en utilisant des instruments non stérilisés. Cette peau protège l’ongle et limite l’entrée des germes.
- Exercer une profession où les mains sont constamment dans l’eau (coiffure, bar, plonge, etc.). L’eau affaiblit la barrière lipidique naturelle, ce qui rend la peau vulnérable. L’humidité favorise aussi la prolifération des champignons.
- Effectuer des travaux manuels, domestiques ou de jardinage, sources de microtraumatismes fréquents.
- Manipuler régulièrement des produits chimiques agressifs comme les détergents ou certains solvants.
Symptômes typiques du patereccio
Lorsque le giradito est d’origine bactérienne, les signes suivants apparaissent souvent :
- Douleur pulsatile
- Gonflement visible
- Rougeur autour de la base ou sur les côtés de l’ongle
- Zone chaude au toucher
- Douleur accentuée au mouvement
- Présence possible de pustules remplies de pus (jaune ou vert), parfois malodorantes
- Réduction de la mobilité du doigt
La forme herpétique provoque surtout des douleurs et l’apparition de petites vésicules transparentes.
Si l’inflammation s’aggrave, un abcès (poche de pus) peut se former, et l’apparence de l’ongle se modifier (déformation, changement de couleur).
Chez les personnes immunodéprimées, le système immunitaire réagit plus lentement, ce qui favorise la dissémination de l’infection dans le sang. Des signes comme :
- Fatigue généralisée
- Fièvre
- Perte de poids
- Baisse de la tension artérielle
Dans ce contexte, il faut consulter sans tarder un professionnel de santé.
Comment se manifeste-t-il ?
- Atteinte de l’ongle : la peau est tendue, rouge, gonflée et douloureuse autour de l’ongle. L’ongle peut parfois se décoller ou changer de teinte (jaune ou verdâtre), selon la bactérie en cause.
- Atteinte du bout du doigt : la douleur est très vive et pulsatile, le bout du doigt enfle et rougit. Parfois, une fièvre modérée accompagne le tout. Une infection non maîtrisée peut s’étendre à la main entière.
Diagnostic et traitements du patereccio
Le diagnostic du giradito ne présente guère de difficulté pour un médecin : l’examen clinique suffit généralement. En cas de persistance après quelques jours, une consultation médicale s’impose, car l’infection pourrait gagner l’ensemble du doigt, voire la main. Selon l’origine, les traitements suivants sont habituellement prescrits :
- Antibiotiques si une bactérie est en cause
- Antifongiques pour une infection due à un champignon
- Antiviraux si le virus est responsable
Dans certaines situations où le diagnostic s’avère moins évident, des examens complémentaires peuvent être proposés :
- Prélèvement local (écouvillon) pour identifier le germe en cause, parfois complété par un antibiogramme pour adapter le traitement
- Frottis Tzanck en cas de suspicion d’herpès, utile pour détecter les altérations caractéristiques des cellules infectées
- Analyse sanguine pour rechercher des anticorps ou des traces d’ADN viral
- Biopsie de la lésion pour une analyse plus poussée en laboratoire
Médicaments utilisés contre le giradito
Le traitement doit viser la cause précise de l’infection.
Bactéries
L’antibiotique doit cibler la bactérie impliquée. Il est parfois pertinent de faire analyser le pus pour déterminer le germe et choisir la bonne molécule.
La plupart du temps, on applique des crèmes antibiotiques locales telles que l’auréomycine, la gentamicine ou des associations avec corticoïdes (par exemple Gentalyn Beta). Les lavages au savon antibactérien complètent l’action.
Champignons
En cas d’infection mycosique, des antifongiques locaux (onguents à base d’éthanol et de thymol, azolés comme le fluconazole) sont préconisés.
Virus
Pour un patereccio herpétique lié au virus de l’herpès simplex, des crèmes antivirales telles que Zovirax ou Acyclovir sont indiquées.
Remèdes naturels pour soulager le patereccio
Certains remèdes traditionnels peuvent accompagner le traitement médical, en particulier pour apaiser les symptômes :
- Eau chaude et sel : Tremper le doigt concerné dans une solution d’eau chaude salée pendant quelques minutes, à renouveler 2 à 3 fois par jour.
- Lait et ail : Faire bouillir du lait avec trois gousses d’ail, laisser tiédir, puis plonger la zone atteinte pendant environ une demi-heure.
- Miette de pain : Imbiber de la mie de pain dans du lait chaud, puis l’enrouler autour du doigt touché.
- Citron : Percer un citron et y glisser son doigt, à maintenir une demi-heure quotidiennement.
- Huile d’arbre à thé : Mélanger cette huile essentielle à de l’huile d’amande, appliquer sur la zone infectée et recouvrir d’une compresse, à répéter plusieurs fois par jour.
- Infusions de calendula ou de mauve : Appliquer en compresses plusieurs fois par jour pour leur effet apaisant.
- Arnica : Une pommade à base d’arnica aide à réduire le gonflement et la douleur.
- Farine de riz et graines de lin : Mélanger avec un peu d’eau pour obtenir une pâte, à utiliser en compresse durant 15 à 20 minutes.
Quand une intervention chirurgicale devient nécessaire
Si la guérison ne s’obtient pas avec les traitements classiques, une petite intervention peut s’imposer. Réalisée en ambulatoire sous anesthésie locale (comptez moins d’un quart d’heure), la technique varie selon la localisation :
- Si l’ongle est touché : Une incision permet d’évacuer le pus ; si besoin, le chirurgien retire la portion d’ongle concernée. Une crème antibiotique est alors appliquée 2 à 3 fois par jour pendant une quinzaine de jours.
- Si le bout du doigt est atteint : Une incison permet là aussi l’évacuation du pus, puis la désinfection et la pose d’une compresse stérile. On ne referme pas la plaie afin d’éviter la formation d’un nouvel abcès.
Complications potentielles
Laisser traîner un patereccio expose à des conséquences parfois lourdes :
- Formation d’abcès (accumulation de pus dans les tissus infectés)
- Atteinte des articulations
- Infection osseuse
- Déformation des os du doigt
- Perte partielle ou totale de l’ongle
Prévenir le patereccio
Le patereccio reste un désagrément courant mais évitable. Quelques gestes simples aident à limiter le risque :
- Éviter de se ronger les ongles ou d’arracher la peau autour pour ne pas créer de porte d’entrée aux germes
- Privilégier une manucure douce et ne pas couper les ongles trop courts
- Bien sécher mains et pieds après les avoir lavés
- Porter des gants lors de la manipulation de produits irritants ou décapants
- Éviter de mettre les doigts à la bouche
Rester attentif aux signes d’infection et surveiller l’évolution des symptômes permet de réagir tôt et d’éviter les complications.
Sources externes
- MSD
- Medicina 360
- Médecine en ligne.
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