Vous trouverez dans cet article pourquoi tant d’infirmières se reconvertissent et quelles sont les reconversions possibles après INFIRMIÈRE.
Les problèmes commencent dès que le début des études
Dès l’entrée à l’IFSI, la pression s’installe. Dès le premier jour, en essayant les blouses pour les premiers stages qui arrivent vite, on se voit recommander de choisir une ou deux tailles au-dessus : « Vous verrez, avec ces études, le stress et le rythme font prendre quelques kilos… » Le ton est donné, l’ambiance aussi. Selon une enquête de la Fnési en 2017, relayée par Le Monde, le constat est sombre : la santé des étudiants en soins infirmiers se détériore.
| Épuisement, stress, anxiété : la Fédération nationale des étudiants en sciences infirmières (Fnési) dresse un tableau inquiétant. Sur plus de 14 000 étudiants interrogés : – Plus de la moitié disent que leur santé psychologique a décliné depuis leur entrée en formation; – 78,2 % se sentent en permanence ou très souvent fatigués; – 61,8 % se déclarent souvent épuisés psychologiquement, et cette proportion grimpe à 85,9 % en troisième année. |
Et ce mal-être ne disparaît pas avec le diplôme : 30 % des nouveaux diplômés quittent le métier dans les cinq premières années. Sarah, cinq ans de pédiatrie derrière elle, raconte : « Le patient devrait être au centre, mais chaque jour, on est débordé par des tâches qui nous empêchent de bien faire notre travail. Les changements d’horaires imposés, la reconnaissance quasi inexistante… »
Pourquoi tant d’infirmières se lancent dans une reconversion ?
L’épuisement pousse certaines infirmières à réduire leur temps de travail, parfois à 80 %, voire à mi-temps. Mais avec un salaire déjà modeste, beaucoup préfèrent tout simplement tourner la page. Voici les principales raisons qui conduisent à ce choix :
- Horaires décalés : nuits, week-ends, jours fériés… Être infirmière, c’est souvent vivre à contretemps de la société.
- Vie de famille fragilisée : le couple, les enfants, tout le monde pâtit de ce rythme décalé.
- Pression constante : effectifs réduits, manque de moyens, les conditions de travail se dégradent et la reconnaissance ne suit pas.
- Fatigue physique : douleurs au dos, aux épaules… Les gestes répétés finissent par peser lourd.
- Rémunération insatisfaisante : le salaire ne reflète pas l’engagement ou la difficulté du métier.
- Peu d’autonomie : horaires imposés, remplacements à la dernière minute…
- Une infirmière doit jongler avec les exigences des médecins, kinés, diététiciens, psychologues, secrétaires, manipulateurs radio… la pression vient de toutes parts.
- Des responsabilités écrasantes…
Julie, cinq ans de salle de naissance, en témoigne : « J’adore l’accompagnement, rassurer, aider… Mais le manque de matériel, le sous-effectif, les locaux parfois insalubres, les inégalités de soins entre patients, tout ça devient insupportable. »
Quelles pistes de reconversion s’ouvrent après un diplôme d’infirmière ?
Se réorienter, c’est souvent retourner à l’école. Pour celles et ceux qui envisagent ce parcours, un article détaille les différents masters accessibles après le diplôme d’infirmière. Beaucoup ont choisi ce métier pour la dimension humaine, le lien avec les patients, l’envie d’aider. Aujourd’hui, la part d’administratif explose et l’essentiel du métier se dilue. La violence au quotidien, la fatigue, l’absence de reconnaissance pèsent de plus en plus. Certaines infirmières songent à changer de secteur, parfois avant même la fin de leur formation. Mais le parcours n’est pas sans obstacles.
Rester dans le soin : d’autres façons d’exercer le métier d’infirmière
Pour celles qui veulent conserver le cœur du soin mais dans un contexte différent, plusieurs options s’offrent à elles :
- Se spécialiser via un master
- Devenir infirmière en pratique avancée (IPA)
- Prendre des responsabilités en tant que cadre de santé
- Se spécialiser dans une discipline (anesthésie, santé au travail…)
- Postuler en tant qu’infirmière scolaire, un secteur accessible via concours
- Exercer en libéral (voir l’article sur l’installation en tant qu’infirmière libérale)
- Rejoindre un projet ASALEE
- Travailler en addictologie
- …
Changer de cadre : d’autres métiers pour prendre soin
Parfois, la rupture avec l’hôpital est totale, mais l’envie d’aider demeure. Des métiers axés sur le bien-être ou la santé restent alors attractifs :
- Les professions de l’esthétique et du bien-être
- Certains choisissent de poursuivre vers d’autres études médicales grâce à des passerelles
- Sophrologue
- Diététicien
- Naturopathe
- Kinésithérapeute
- Ostéopathe
- La phytothérapie attire, même si le parcours reste compliqué
Changer de vie : quitter le secteur du soin
Pour d’autres, la rupture est nette : elles arrêtent les soins. Aurore est devenue institutrice : « Je revis, j’ai des horaires qui me conviennent, je profite de mes enfants, je ne travaille plus le week-end. » Sandrine, diplômée en 2003, change de voie pour des raisons de santé après un accident de travail qui l’empêche de poursuivre une activité physique exigeante. Estelle, 25 ans, a choisi l’industrie après un an d’exercice infirmier. De mon côté, l’écriture a pris le relais, avec la même envie d’aider, mais autrement, à travers ce blog. Pour les plus audacieuses, il existe aussi la voie de l’entrepreneuriat, un article détaillé vous attend sur le sujet.
Les passerelles de la reconversion infirmière
On l’a vu, il existe des passerelles pour les infirmières souhaitant se former à de nouveaux métiers. L’avantage, avec le diplôme d’état, c’est de pouvoir bénéficier d’équivalences et d’allègements pour certaines études. Quelques exemples parmi les principales possibilités :
Physiothérapeute
Il est possible d’intégrer la deuxième année du cursus, sans repasser par la première. Un témoignage de kinésithérapeute sur cette transition est disponible dans cet article, avec des conseils concrets pour réussir.
Ostéopathe
Le diplôme peut être obtenu en trois ans au lieu de cinq. Un choix pertinent pour celles qui veulent rester dans la relation d’aide et le bien-être, tout en profitant d’horaires plus adaptés à la vie de famille. Le détail de la démarche est présenté dans cet article.
Sage-femme
L’infirmière DE permet d’être dispensée de la première année si l’on peut justifier deux ans d’exercice.
Médecin
Dans certaines villes (Rennes, Paris Saint-Antoine, Lyon, Marseille, Toulouse, Lille, Nancy), des places spécifiques sont ouvertes aux paramédicaux. Avec deux ans d’expérience à temps plein, il est possible d’intégrer la deuxième ou troisième année de médecine sans concours d’entrée. Les dossiers doivent être envoyés avant fin mars, mais le nombre de places limité impose de présenter un dossier solide. Il doit comporter :
- Un CV
- Une lettre de motivation
- Les diplômes (baccalauréat et diplôme d’infirmière)
- Des justificatifs d’activité (contrats, bulletins de salaire…)
Enseignement
Une reconversion vers l’enseignement est envisageable, en bénéficiant d’équivalences, mais un retour en formation reste nécessaire. Un article complet détaille les démarches pour devenir professeur des écoles après une carrière d’infirmière.
Quand la reconversion se heurte à la réalité
Changer de métier ne se fait pas d’un claquement de doigts. Beaucoup se heurtent à des freins concrets :
- Dans quel domaine se réorienter ? La question du choix bloque souvent : difficile de s’imaginer dans une nouvelle profession, de changer totalement d’environnement. Marine, infirmière depuis 2009, a cherché à changer plusieurs fois, mais s’est souvent retrouvée face à la difficulté de voir son diplôme reconnu ailleurs.
- Le financement est un autre obstacle de taille. Les aides restent difficiles à décrocher, les démarches longues et parfois décevantes.
- L’entourage joue un rôle déterminant. Soutien ou frein, la famille et les proches peuvent encourager ou, au contraire, transmettre leurs hésitations, leurs craintes.
- La sécurité : la peur de perdre la stabilité, la routine, le confort financier empêche bien des infirmières de franchir le pas.
Mettre fin à sa carrière d’infirmière
Arrêter, une question qui se pose à beaucoup, mais rarement sans appréhension. L’aspect psychologique compte énormément. Doute, inquiétude, épuisement, sentiment de ne plus être à sa place… Pour amorcer un vrai changement, il peut être utile de s’accorder un temps d’introspection. Prendre une feuille, un stylo, et répondre, sans filtre :
Pourquoi souhaitez-vous quitter les soins infirmiers ?
À force d’écouter celles et ceux qui songent à changer de voie, les mêmes motifs reviennent : « Je suis rincée, stressée, j’enchaîne les patients sans répit », « Mes horaires sont impossibles avec ma vie de famille », « Le manque d’effectif a tout gâché ». Mettre des mots précis sur ce qui ne va plus, c’est déjà éviter de reproduire la même souffrance ailleurs.
Les moyens financiers sont-ils réunis pour changer de cap ?
Pour beaucoup, la réponse est négative. Si une formation est envisagée, prévoir un financement devient indispensable. Quitter son poste du jour au lendemain sans filet met à risque, surtout avec des enfants ou des charges. Mieux vaut anticiper, mettre de côté, tester d’autres activités en parallèle pour sécuriser la transition. Une reconversion se prépare sur plusieurs mois, avec méthode et organisation. Le blog regorge d’informations et je reste disponible pour échanger sur les possibilités de parcours.
Avez-vous envisagé d’autres postes en tant qu’IDE ?
Changer d’employeur sans quitter la profession, c’est parfois une option oubliée. Beaucoup hésitent à postuler ailleurs, pensant qu’il n’y a rien de mieux. Pourtant, le réseau peut ouvrir des portes et il existe de bons employeurs qui respectent le métier. Ne restez pas prisonnier d’une situation qui vous mine.
Qu’est-ce qui vous apporterait de la satisfaction au quotidien ?
Au fond, c’est la question centrale. La vie est trop courte pour s’abîmer au travail. Si la profession d’infirmière ne vous épanouit plus, il est peut-être temps de regarder ailleurs. Ce n’est pas toujours facile, mais découvrir ce qui vous rendrait heureux, c’est déjà avancer. Se concentrer sur ce qui vous motive, c’est vous offrir la possibilité de construire une nouvelle dynamique.
Quelles reconversions possibles pour une infirmière ?
Si vous êtes infirmière depuis un certain temps, vous pouvez avoir de nombreuses raisons d’avoir envie de vous reconvertir. Le travail d’infirmière est souvent épuisant, avec des horaires décalés, et cela peut être difficile d’avoir un équilibre familial pour ces raisons. Le salaire peut également rentrer en compte, car il n’est pas forcément à hauteur de la charge et de la pression du travail. Heureusement, comme pour tous les métiers, une reconversion pour infirmière est possible. Pour recevoir les meilleurs conseils possibles pour bien gérer votre reconversion et connaître toutes vos possibilités pour la suite, n’hésitez pas à suivre le guide de Charlotte K.
Cette experte de la reconversion d’infirmière saura vous aiguiller sur vos options pour la suite de votre carrière. Sur son blog, vous pourrez retrouver de nombreux conseils sur les étapes à suivre pour entamer une reconversion professionnelle, mais également pour réussir à gagner davantage en continuant d’exercer votre métier, si celui-ci continue de vous passionner. Il est important que votre emploi continue de vous plaire pour pouvoir exercer et rester épanouie. Il n’est jamais trop tard pour changer de voie et il ne vous reste plus qu’à consulter le blog pour voir les nombreuses possibilités qui s’offrent à vous.

